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La sincérité dans la pratique

La sincérité est la voie du ciel et avoir foi en la sincérité est la voie de l’humanité.

Comme il est écrit dans l’une des descriptions originelles du kata de kendo: Tous deux prennent la garde jodan et s’avancent résolument vers l’autre. Uchidachi et Sidachi prennent donc tous les deux la garde jodan. Cette garde est appelée aussi garde du Ciel. L’extrémité des sabres pointe vers le ciel. Ceci signifie que tous les deux sont fermes et résolus dans leurs convictions comme en témoigne le fait qu’ils prennent tous les deux la même garde toute-puissante. L’un n’est pas plus dans l’erreur ou le droit chemin que l’autre. Tous les deux sont vertueux, ce sera donc l’inévitable choc des vertus. En théorie, le vainqueur sera celui dont la technique se sera montrée supérieure et qui aura su montrer une plus grande maîtrise de shin-ki-ryoku-itchi (l’unité de l’esprit, de l’énergie et de la technique). Ainsi, le premier kata se veut être l’illustration de la première étape dans la maîtrise de la voie du kendo: entretenir la technique et la puissance nécessaires pour renforcer sa propre foi en la vertu.

INOUE Yoshihiko

Avoir l’intention de couper

Dans les instructions du 5ème kata il est indiqué que Uchidachi doit tenter de couper Shidachi jusqu’au menton. Pourquoi ces instructions sont-elles si précises ici alors qu’elles sont plutôt générales ailleurs?

Dans le 5ème kata (gohon-me) on apprend qu’il faut avoir l’intention de couper au moins jusqu’au menton. L’important c’est bien “avoir l’intention de”. Autrement dit, cela ne veut pas du tout dire qu’il faut arrêter son sabre exactement à hauteur du menton, c’est plutôt l’intention qui importe. Après l’attaque, les instructions stipulent que la parade en suri-age a pour effet de rendre inopérant le sabre de Uchidachi qui sort de la ligne à la hauteur à laquelle il convient d’abaisser le kensen lorsque les deux partenaires se retirent à la fin de chaque kata. Les explications concernant le 5ème kata (gohon-me) parlent d’elles-mêmes et ne sont pas différentes de celles données pour les autres kata.

INOUE Yoshihiko

De l’intérêt du kata de kendo

Comme cela l’a été formulé dans un ouvrage traitant des concepts du kendo, le kendo se pratique en accord avec les principes du sabre. Toutefois, ces derniers temps, les objectifs d’entraînement au kendo se sont focalisés davantage sur la compétition et la victoire. Voilà qui revient à passer à côté de ce qu’est le kendo, et ce à bien des égards. L’objectif ultime du kendo repose sur le développement de soi. C’est non seulement vrai pour le kendo, mais aussi pour tous les budo dont l’essence repose sur la concomittance du développement personnel et la maîtrise de la technique. Toute disicpline avec le suffice Do implique une voie, un cheminement: le développement du corps et de l’esprit en communion avec des techniques. Si la technique devient l’unique objectif d’un pratiquant afin d’atteindre la victoire en compétition à tel enseigne que la technique elle-même s’en trouve altérée pour prendre le dessus, cela revient à étouffer des parties importantes du développement de soi et concourt à favoriser un comportement égotique. Ceci est contraire à l’objectif principal du kendo.

Bien sûr, c’est important d’être motivé pour gagner une compétition. Toutefois, l’idéal est de vaincre d’une façon qui s’accorde avec les principes du sabre, tels qu’ils se traduisent dans les kata de kendo. Si l’on ne l’emporte pas de cette façon, il ne peut s’agir d’une victoire légitime en kendo. Ainsi, le kata de kendo doit occuper une place primordiale même aux yeux de ceux qui ne s’attachent qu’à l’aspect compétition du kendo.

INOUE Yoshihiko

Les objectifs à travailler dans le kata

Il est important que l’héritage du kata de kendo soit préservé dans sa forme authentique et transmis tel quel aux générations futures. Pour apprendre un kendo fondé sur l’utilisation correcte du sabre, il convient que le kata soit intégré dans le keiko quotidien. Pour avoir une appréhension correcte du kata de kendo, il convient de porter une attention particulière aux points suivants:

1. l’étiquette avant et après le tachiai, ainsi que les manipulations du katana.
2. l’utilisation correcte du katana (bokuto). Celà comprend des notions comme hasuji (sens de la coupe), tenouchi (utilisation des mains), rôle du shinogi, etc…
3. la compréhension de la relation entre uchidachi et sidachi, l’union des respirations, sans jamais oublier qu’en principe sidachi ne bouge pas avant uchidachi.
4. l’opportunité de l’attaque au moment où uchidachi parvient à l’endroit propice à l’engagement. Il faut saisir l’opportunité de l’attaque et exécuter l’attaque correctement. Sidachi ne doit pas manquer l’occasion de vaincre et d’atteindre sa cible (datotsu-bui) avec précision.
5. le maintien du contact occulaire durant l’exécution du kata, le contrôle de la respiration et le zanshin. Les protagonistes doivent être concentrés et inspirés du début à la fin.

INOUE Yoshihiko